« Adieu les cons  » d’Albert Dupontel

24/10/2020 10:59

« Adieu les cons » d’Albert Dupontel avec Albert Dupontel , Virginie Efira , Nicolas Marié , Terry Gilliam … Sortie Cinéma le 21 octobre 2020 (Vu en salle Dolby Stéréo) 

« Lorsque Suze Trappet apprend à 43 ans qu’elle est sérieusement malade, elle décide de partir à la recherche de l’enfant qu’elle a été forcée d’abandonner quand elle avait 15 ans.
Sa quête administrative va lui faire croiser JB, quinquagénaire en plein burn out, et M. Blin, archiviste aveugle d’un enthousiasme impressionnant. À eux trois, ils se lancent dans une quête aussi spectaculaire qu’improbable.  » Tel est le pitch parfaitement résumé d’ « Adieu les Cons » par le site Allo-Ciné !

Autant dire que « Adieu les Cons » est un film très attendu en cette année chaotique en termes de calendrier des sorties  Cinéma 2020 ! Albert Dupontel a su évoluer au fil des décennies de cinéaste contestataire iconoclaste et trash à conteur tragicomique grand public avec toujours un arrière plan sociétal . Mais le réalisateur de « Bernie » s’est assagit tant au niveau du fonds que de la forme . Et c’est tout bénéfice pour lui et le public . Son Cinéma est plus construit , « découpé » dans le bon sens du terme , structuré tout en conservant avec un dosage plus adapté de cette folie latente et de son esprit contestataire . Depuis « Neuf mois ferme » & aussi « Au revoir là haut » le cinéaste-acteur a franchit un pallier et connut des succès publics mérités . « Adieu les cons » ne va pas casser la courbe. Car son film est bien écrit et parfaitement maîtrisé techniquement (la scène de l’accident de voiture , la déambulation dynamique des trois protagonistes … ) .

Dupontel  a des références et on ne peut s’empêcher de penser à « Brazil » un de ses films de chevet avec ce « fonctionnaire consciencieux et frustré «  , point de départ du film qui va rencontrer et aider cette femme une peu désabusée  essayant de « recoller les morceaux  » d’une erreur de jeunesse et confrontée au léviathan de l’administration ! D’ailleurs Terry Gilliam fait un caméo-clin d’œil !

Le sens du casting est aussi un élément important à la réussite de « Adieu les Cons » . Albert Dupontel s’est lui même sciemment servi , pas comme pour « Au revoir là haut » où il s’était attribué un rôle important suite au désistement d’un acteur pressenti . Son allure à la fois lunaire et pragmatique de « lapin pris dans les phares d’une voiture » mais jusqu’auboutiste colle parfaitement au personnage un brin déjanté de JB , « fermé dans sa tête » , expert en domotique et informatique un peu « autiste sentimental » perdu affectivement . Il est le lien entre les deux autres personnages , à la fois caustique et désabusé mais toujours dans l’action . Virgine Efira apporte sa beauté « fêlée » à son personnage de femme, coiffeuse , en bout de course et l’émotion « non feinte » apparemment est au rendez vous . Elle n’est pas sur le registre de la Drew Barrymore à la française aui a fait le succès de son début de carrière . Elle confirme juste ses talents de comédiennes pouvant aborder tous les registres .

Nicolas Marié , en fonctionnaire aveugle gaffeur  « mis au placard » est lui l’élément loufoque et burlesque dynamisant par ses interventions parfois cartoonesques le récit et allégeant cette quête pour retrouver l’enfant laissé la DASS par la protagoniste . Il est un pensionnaire fidèle et complice du Cinéma de Dupontel car il a déjà tourné dans « Neuf mois ferme » , « Le Vilain » « Enfermés dehors » « Le Créateur » & « Bernie » . Le trio fonctionne vraiment bien et la partition est également répartie et incarnée.

« Des personnages intégrés vont se retrouver sur la marge . ils sont en « transhumance sociale »  Et ils vont se « retrouver » eux même! Ce qui m’intéresse c’est le genre humain. Je crois beaucoup en l’individu . » déclare Albert Dupontel .   L’épilogue a des accents plus  à la « Thelma et Louise » comme pour confirmer cette  « transhumance suicidaire » ! 

Alors « Adieu les Cons » n’est pas le coup de cœur attendu mais reste bien au dessus de la mêlée des comédies voir des films français de 2020 ! Le Cinéma de Dupontel est à son image , intelligent , « référencé »* , prolixe , généreux, sans fioritures et en même temps « franc-tireur » avec un sens inné du public et un regard critique sous-jacent ou direct de notre société  . Quelques bémols visuels ne viennent pas obscurcir notre sentiment et gâcher notre plaisir de spectateur . Dupontel a déclaré :  « Le « message » d’Adieu les Cons est la difficulté de s’aimer dans un monde répressif et anxiogène ».

Le film a réussi à rassembler plus de 750 000 spectateurs en 10 jours , ce qui est énorme vu la situation sanitaire dans laquelle il est sorti . Il devait être , à nouveau , sur les grands écrans du Cinéma , dès le 15 décembre 2020 mais il faudra attendre 2021 pour le voir , mesures restrictives obligent ! Cette « vie cyclique et chaotique » sur Grand Ecran permettra peut être à Albert Dupontel de connaître son plus grand succès public en espérant qu’il ne soit pas « sacrifié » par l’avalanche de sorties quand les Cinémas réouvriront !

En tout cas « Adieu les Cons » fait du bien , le film est enlevé , humaniste , émouvant , ludique , à la fois barré et abordable et c’est ce qu’on demande au Cinéma !

Ne boudez pas votre plaisir : ALLEZ-Y !!!

Albert Dupontel  : « Les émotions populaires sont irrationnelles  »

 » Je comprends mieux la réalité en voyant les films qu’en la vivant  moi même . Je ne comprends rien au fait de vivre ! Donc le Cinéma me permet de prendre un peu de recul comme une caméra qui se met en 3/4 plongée , qui donne une vue d’ensemble de l’époque que je traverse ou que j’ai pas connue ou que je ne veux pas connaître … Cest une nourriture intellectuelle , je dirais même spirituelle totalement indispensable ! » 

A singular and removed successful tragicomedy

Scénario
Réalisation
Interprétation
Musique
Albert Dupontel has evolved a lot as a director, from trashy social protester to mainstream tragicomic storyteller but always with a societal background.. But the director of "Bernie" has calmed down both in terms of substance and form. And that is all to the benefit of him and the public. His Cinema is more constructed, "cut out" in the good sense of the word, structured while retaining with a more appropriate dosage of this latent madness and its spirit of protest. Since "Nine months firm" & also "Goodbye there high" the filmmaker-actor took a step forward and enjoyed well-deserved public success. "Goodbye idiots" will not break the curve. Because his film is well written and technically perfectly mastered (the scene of the car accident, the dynamic stroll of the three protagonists ...). Dupontel has references and you can't help but think of "Brazil" one of his bedside films with this "conscientious and frustrated official", the starting point of the film who will meet and help this somewhat disillusioned woman trying to " picking up the pieces "of a youthful error and faced with the leviathan of the administration! Besides, Terry Gilliam makes a cameo-wink! The sense of casting is also an important element in the success of "Adieu les Cons". Albert Dupontel himself knowingly used, not like "Goodbye there" where he had given himself an important role following the withdrawal of a prospective actor. His allure, both lunar and pragmatic, of a "rabbit caught in the headlights of a car" but to the point of view fits perfectly to the character a crazy bit of JB, "closed in his head", expert in home automation and computer a little "autistic sentimental "emotionally lost. He is the link between the other two characters, both caustic and disillusioned but always in action. Virgine Efira brings her "cracked" beauty to her character as a woman, hairdresser, at the end of the road and apparently "unfeigned" emotion is there. She is not on the register of the French Drew Barrymore which made the success of her early career. She just confirms her talents as an actress who can tackle all registers. Nicolas Marié, as a blind blundering civil servant "put in the closet" is him the zany and burlesque element energizing by his sometimes cartoony interventions the story and alleviating this quest to find the child left by the DASS by the protagonist. He is a faithful resident and accomplice of the Cinema of Dupontel because he has already shot in "Neuf mois ferme", "Le Vilain" "Locked out" "The Creator" & "Bernie". The trio works really well and the score is evenly distributed and embodied. "Integrated characters will find themselves on the margins. They are in" social transhumance "And they will" find "themselves! What interests me is the human race. I believe a lot in the individual." says Albert Dupontel. The epilogue has more "Thelma and Louise" accents as if to confirm this "suicidal transhumance"! So "Adieu les Cons" is not the expected favorite but remains well above the melee of comedies see French films of 2020! Dupontel's Cinema is in his image, intelligent, "referenced" *, verbose, generous, unadorned and at the same time "maverick" with an innate sense of the public and an underlying or direct critical view of our society.
A French human comedy tinged with emotion and societal criticism
Category: Avis Cinefeel

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