« Mektoub my love : canto uno » d’Abdellatif Kechiche

24/03/2018 21:11

« Mektoub my love : canto uno » d’Abdellatif Kechiche avec Ophélie Bau, Shaïn Boumédine , Lou Luttiau, Salim Kechiouche, Alexia Chardard, Hafsia Hersi  … Sortie Cinéma le mercredi 21 mars 2018

Pour commencer par le début Mektoub est de l’arabe qu’on peut traduire par « c’est ton destin » ou « c’est écrit ». Et quand on écoute les dialogues sans fin qui s’éternisent sur la longueur du film , on peut se demander si Abdellatif Kechiche ne nous adresse pas un message subliminal nous confirmant son travail réel d’écriture.La part d’improvisation se fait entendre. Car si ces pérégrinations de ces jeunes en vacances d’ été sur Sète en août 1994 peuvent attirer l’attention , le côté « smala d’Afrique du Nord » des « mères » parlant sur les amours des jeunes adultes, par exemple, frôle « l’indigestion auditive » . Certains critiques éclairés ont parlé de « réalisme »  dans le propos , question d’appréciation purement subjective. La logorrhée enfantine et lambda, pauvre en épaisseur de ces jeunes en quête d’aventures amoureuses flirte plutôt avec la télé réalité , tellement parfois le fonds est insipide.Tout le monde s’embrasse , se prend dans les bras dans ce marivaudage post adolescent et ça dure un peu trop.

Que raconte cette chronique « générationnelle » (à la bande son bien appuyée) où le maître mot semble être le désir ? Tony est un coureur (Salime Kechiouche) et empile les conquêtes. La dernière en date est Charlotte , une étudiante BC BG en école de commerce ( Alexia Chardard), accompagnée de son amie , Céline (Lou Luttiau) . Mais il semble que ce séducteur volage ait un faible pour Ophélie (Ophélie Bau) , belle comme un brugnon , à la peau mate et aux formes voluptueuses , une sorte de sex-friend « secrète » occasionnelle et régulière , fiancée d’un soldat en mission et fille du pays , connue de la bande de jeunes fêtards du coin. Amin , cousin de Tony , descend de Paris pour passer l’été avec sa famille et ses amis d’enfance dont la belle Ophélie . Ces deux derniers vont se rapprocher et renforcer leur complicité. Amin est introverti , plus effacé que les autres ,observateur et à l’écoute , Photographe amateur et scénariste, il dénote avec l’ambiance festive un peu superficielle qui règne en cette période estivale. Que lui réserve le destin ?

Abdellatif Kechiche a connu la consécration critique et publique en 2013 avec « La Vie d’adèle chapitre 1 et 2 », d’une durée de 2H 57′, Palme d’or à Cannes avec une mention spéciale pour les deux actrices principales Adèle Exrachopoulos et Léa Seydoux. « Mektoub my love » CANTO UNO càd « chant premier ou première partie » fait lui 2H 55′ ! Un sentiment paradoxal et pas très cartésien m’a envahit lors de la vision du film . En effet les grandes tirades du quotidien de certains protagonistes s’étirent parfois jusqu’à l’ennui. D’un autre côté , ce rythme singulier et imposé par Kechiche m’a peu à peu , mais très lentement, fait rentrer dans le film . Il m’a fallut quand même presque deux heures! Et puis j’ai plus apprécié , le dernier tiers où l’on pressent l’évolution des personnages dont les plus attachants et les mieux incarnés sont Ophélie et Amin. Si cette adhésion se fait , en dehors de la patte présumée du réalisateur au niveau des choix formels (lumière saturée du soleil , une certaine fluidité, une crudité de la « scène d’exposition »…) c’est aussi que les deux interprètes font preuve d’une fraîcheur et d’une justesse convaincantes et plein de charme . (Photo du bas , les deux acteurs ,en tenue de soirée, sont cote à cote sur le tapis rouge lors de la première à Venise)

Ophélie BAU est en effet une vraie révélation , un sourire désarmant, une beauté pulpeuse et généreuse.Elle contribue beaucoup à l’adhésion (partielle pour ma part) au film , au delà de la scène de sexe du départ (sa nudité et ses fesses en gros plan) par son naturel et sa présence charismatique détachée. Shaïn Boumédine a lui aussi un sourire charmeur, une belle présence  et véhicule une sorte d’amour retenu et déçu par son attitude introvertie, son caractère emprunté sur la défensive .

Est que l’alchimie entre le feu (Ophélie) et la glace (Amin) aura lieu ? C’est la problématique laissée en filigrane, à la fin de ce « premier volet » de Mektoub my love !

Kechiche a tourné des heures et des heures de rush mais « Mektoub my love » aurait mérité quelques coupes salvatrices qui nous auraient épargnées des moments de « gênances » comme disent la jeune génération. Car ces tranches de vie ,sensées « être typiques » sont , de mon point de vue creuses et terriblement vaines par moments. Le récit s’éparpille comme l’intérêt du spectateur surtout dans la première partie du film.Certains voient dans le film une filiation avec Rohmer, Renoir ou Diane Kurys et de manière plus évidente avec le Cinéma de …Kechiche.

Le film est librement adapté d’un roman de François Bégaudeau « La blessure la vraie ». Kechiche prévoit donc une suite à ces errements dans les bars , les discothèques et la plage de ces jeunes qui papillonnent , se perdent et se trouvent ! Pas sûr que la tonalité de la suite , CANTO DUE, change ou tranche  par rapport à « Mektoub my love » de toute manière , par ses partis pris en « roue libre », ne fera pas l’unanimité ce que ne recherche pas à l’évidence Kechiche !

A movie about young adults looking for love in the south of France

Scénario
Réalisation
Interprétation
Musique
Abdellatif Kechiche had a critical and public acclaim in 2013 with "La Vie d'adèle chapter 1 and 2", lasting 2 hours 57 minutes, Palme d'Or in Cannes with a special mention for the two leading actresses Adèle Exrachopoulos and Léa Seydoux. To start with the beginning Mektoub is Arabic that can be translated as "it's your destiny" or "it's written". And when we listen to endless dialogues that drag on the length of the film, we may wonder if Abdellatif Kechiche does not address us a subliminal message confirming his real work of writing. The improvisation part is heard. Because if these wanderings of these young people on summer vacation on Sète in August 1994 can attract attention, the "smala of North Africa" ​​side of the "mothers" speaking on the loves of the young adults, for example, close to " auricular indigestion ". Indeed the great tirades of everyday life of some protagonists sometimes stretch to boredom. On the other hand, this peculiar and imposed rhythm imposed by Kechiche me slowly, but very slowly, makes return in the film. It took me almost two hours! And then I appreciated more, the last third where we press the evolution of characters whose most endearing and best incarnated are Ophélie and Amin. If this adhesion is made, apart from the presumed leg of the director at the level of the formal choices (saturated light of the sun, a certain fluidity, a crudeness of the "scene of exposure" ...) it is also that the two interpreters are convincingly fresh and accurate and charming. Ophélie BAU is indeed a true revelation, a disarming smile, a pulpy and generous beauty.Shain Boumedine also has a charming smile, a beautiful presence and conveys a kind of love retained and disappointed by his introverted attitude, his character borrowed on the defensive. The story is scattered like the interest of the viewer especially in the first part of the film. Some see in the film a filiation with Rohmer, Renoir and more obviously with the Cinema of ... Kechiche. A sequel is planned.
Too long movie saved by two of this actors !
Category: Brèves

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