Zoom sur « The Verdict » (1982) de Sydney Lumet . Paul Newman « sobre » et impérial !

27/01/2018 22:26

Zoom sur « The Verdict » (1982) de Sydney Lumet avec Paul Newman, Jack Warden, Charlotte Rampling, Roxanne Hart, James Mason, Lindsay Crouse…

 

Franck Galvin, la soixantaine encore fringante mais « arrosée » , est un avocat has been , pilier de bar , pochtron notoire au mode de vie pathétique . Brisé par une déchéance sociale et familiale  , accusé injustement de subornation de témoins 10 ans plus tôt , il n’a traité que 3 affaires en 4 ans ! Quand son mentor, ami et ancien associé, Mickey lui propose une affaire « facile » de négligence médicale , sa vie va prendre un tournant inattendu !  Sa conscience va se réveiller , il va être sensible à la détresse de cette femme enceinte de son 3 ème enfant venue en toute confiance à l’hôpital Sainte Catherine, propriété de l’archevêché . Elle est dans le coma depuis 4 ans. Ce cas « juteux » est avant tout un drame humain.Il va refuser l’accord à l’amiable de 210 000 $ pour aller au procès défendre cette femme dans le coma suite à l’utilisation du mauvais anesthésique . « Nous sommes tous payés pour détourner les yeux…Si j’accepte de le prendre , je suis perdu !  » Mais cet « acte de foi » va être aussi un moyen pour lui de retrouver sa dignité et le courage et la pugnacité propres à faire face au système .Ce procès sera-t-il pour lui une sorte de rédemption ? (« C’est maintenant ou jamais !Cette affaire, je sais que je peux la gagner.Il faut que je me batte pour cette fille … je veux plaider ! « ) Que va faire Franck aidé par Mickey face au cabinet juridique mandaté par l’archevêché avec à sa tête Edward J Concannon (James Mason) ? Sa possible renaissance peut passer aussi par une rencontre amoureuse en pointillés  avec l’énigmatique mais attirante Laura ( Charlotte Rampling) « C’est le genre rivière sans retour  » ! Quel sera le verdict final rendu par les jurés ? 

Paul Newman « prête » ses yeux bleus délavés , son allure et sa présence « abîmée » pour incarner Franck Galvin C’est un  « gambler malgré lui » désirant retrouver ses idéaux de justice , son professionnalisme , ses compétences et sa confiance en ses capacités : « Les faibles ont besoin que quelqu’un se batte pour eux …c’est pour ça que le tribunal existe, c’est pour leur donner une chance de justice »  » C’est ce que vais essayer de faire !  »

L’adversité va être rude et les coups bas aussi . Franck va devoir s’adapter, creuser, enquêter avec cette intention pugnace de « renverser la table » ! « Je vais faire tout mon possible pour votre sœur , je sais que c’est important pour vous et pour moi ! » Le doute va s’immiscer face aux imprévus et aux difficultés . C’est en fait sa vie qu’il joue . « Il n’ y a pas d’autres affaires , c’est la seule qui compte ! »  Sa plaidoirie finale sera une supplique au retour de la Justice !

Les trois points forts du film sont l’interprétation, la qualité d’écriture et la réalisation où la simplicité classique et l’efficacité sont les maîtres mots .

Paul Newman interprète de manière « sobre » et juste cet alcoolique, ce « looser perdu » (au début du film , il arpente les enterrements pour donner sa carte de visite), voyant s’offrir à lui un moyen de redevenir « humain » et surtout de retrouver ses idéos ! L’acteur ne va pas faire d’effets de manches superflus , toute en retenue , quelques fois en silence et évidemment en charisme naturel ! Il est magistral et obtiendra une nomination à l’Oscar en 1983 pour un de ses meilleurs rôles tout en nuances . Charlotte Rampling interprète un rôle tendancieux, rude et au final fragile. James Mason apporte aussi son flegme et son métier au personnage de l’avocat « installé » de la partie adverse.

Sydney Lumet signe un film de prétoire bien huilé, « millimétré » et solidement orchestré, dans sa deuxième partie . Mais ce serait réducteur de se cantonner à ce genre ou à celui de l’investigation. C’est aussi et surtout le portrait d’un homme à la dérive reprenant conscience de l’essence même de son métier. La route du procès sera semée d’embûches. C’est d’ailleurs l’impression d’une petite musique , prenant son temps , aux teintes désespérées mais captant vraiment notre attention par le côté attachant du personnage et la tenue du récit . L’allégorie du flipper (le personnage joue devant une baie vitrée avec un paysage de neige) répétée trois fois à trois moments différents est intéressante . Lumet sait lui aussi être sobre et la fluidité du film teintée d’un certain spleen vient aussi de cet attachement progressif du spectateur au personnage de Franck, devenant empathique . Sydney Lumet a une filmo riche où certains sont considérés comme des « classics » incontournables: « Douze hommes en colère » (1957), « Serpico » (1973) , »Dog day afternoon » (1975) , « Network » (1976) « Le Prince de New York » (1981)  … à tort ou à raison. Son Cinéma peut être inégal avec une impression de « trop peu » . Ici avec « The Verdict » Lumet signe un très bon film « classique » , offrant un rôle marquant à Paul Newman.

David Mamet , dramaturge reconnu et scénariste va être en charge de l’adaptation du livre de Barry Reed , co-scénariste sur le film. Il va vraiment faire un travail de minutie, de justesse dans les dialogues et la « (re)construction » du personnage de Franck Galvin. L’intrigue judiciaire sera aussi efficacement ciselée et menée . Mamet connaîtra 5 ans plus tard un énorme succès en signant le script de « Les Incorruptibles » / « The Untouchables » en 1987 .

« The Verdict » a un léger parfum vintage de « film à l’ancienne »  avec une atmosphère mélancolique . Mais le film résiste  bien au temps et apparaît presque intemporel tant son sujet est universel et traité avec un savoir-faire indéniable et un talent de mise en scène éprouvé ! A voir ou à revoir en appréciant « The Verdict » (1982) comme un bon pur malt avec « 36 ans d’âge » ! 

Paul Newman "sober" and imperial in a very good film by Sydney Lumet ' film

Scénario
Réalisation
Interprétation
Musique
Franck Galvin, still in his 60s, is a lawyer "has been", a pillar of bar, a notorious stooge to the pathetic way of life. When his mentor, friend and former partner, Mickey offers him an "easy" case of medical negligence, his life will take an unexpected turn! His conscience will wake up, he will be sensitive to the distress of this woman fallen into a coma.He will refuse the agreement amicably. He will go to trial in the presence of a senior bar lawyer.Will this trial be a kind of redemption for him? The three strong points of the film are the interpretation, the quality of writing and the realization where classical simplicity and efficiency are the key words. Paul Newman "lends" his faded blue eyes, his look and his "damaged" presence to embody Franck Galvin. It is a "gambler despite himself" wishing to find his ideals of justice, his professionalism, his skills and his confidence in his abilities. Paul Newman interprets "sober" and just this alcoholic, this "looser lost" (at the beginning of the film, he walks the funerals to give his business card), seeing himself offering himself a way to become "human" again and especially to find his ideas! The actor will not do superfluous sleeves effects, all restraint, sometimes in silence and obviously in natural charisma! He is masterful and will get an Oscar nomination in 1983 for one of his best roles in nuances. Charlotte Rampling plays a tendentious role, rough and ultimately fragile. Sidney Lumet signs a well-oiled, "millimeter" and firmly orchestrated a "trial movie"in its second part. But it would be reductive to confine oneself to this kind or to that of the investigation. It is also and above all the portrait of a man drifting back to consciousness of the essence of his job. The road of the trial will be strewn with pitfalls. It is also the impression of a small music, taking its time, with desperate hues but really catching our attention by the endearing side of the character and the story. The judicial intrigue will also be effectively chiseled and handwritten by a "writing master"David Mamet ("The Untouchables"). "The Verdict" has a slight vintage scent of "old-fashioned film" with a melancholy atmosphere. But the film resists time and appears almost timeless as its subject is universal and treated with undeniable know-how and a proven talent for staging! To see or to see again enjoying "The Verdict" (1982) as a good pure malt with "36 years of age"!
A great movie with a vintage and timeless charm !
Category: Pépites

Utilisez les tags et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>